La face cachée de Spinoza !
Comme beaucoup de nos phares encore en activité, Spinoza fut tôt squatté, annexé, instrumentalisé par les gardiens de la pensée du moment qui s'interposèrent entre ses intuitions fulgurantes et nos représentations empêtrées, avides de simplification, pressées bien souvent d'en découdre ! ...
Pour prendre un autre exemple, qui sait, ou souhaiterait savoir, que Newton consacra l'essentiel de son activité à la "sulfureuse" alchimie ?
Dieu ou la nature !
Le dieu de Spinoza, comme disait Einstein, non sans une certaine déférence complice, était le produit d'une logique implacable qui décida d'un "être" indifférent, dénué de tout désir, de toute attente, bref d'une créature non créée et par conséquent exempt de nos passions ! ...
Des passions tristes il fut parlé, mais de compassion, nulle nouvelle ! ...
Patatras !
Dans l'une de ses nombreuses lettres adressées à Henry Oldenburg, il écrit : " La plus haute manifestation de la substance divine est donnée dans le Christ ! "
Etonnant non ? aurait dit Pierre Desproges ! ...
Mais plus encore, où est passée l'indifférence glaciale, quid de la sidérale altérité, le dieu de Baruch s'ennuyait-il à ce point dans la nature immense qu'il éprouva le besoin de se révéler à cette engeance brouillonne qui prétendait s'en affranchir ?
Ce propos, inattendu, paradoxal, ne fut jamais relayé par les usurpateurs empressés... pour l'heure, se disaient-ils sans doute, il suffirait aux nouvelles ouailles de presque rien, de ce dieu suffisant, ensorcelé, hermétique, indifférent à nos insuffisances ! ...